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Les cours martiales durant la guerre de 1812
par Luc Lépine

        Au printemps de 1812, le gouverneur du Bas-Canada, George Prevost, sent qu’une invasion américaine est imminente. Pour défendre le pays, il doit compter sur la milice du Bas-Canada qui compte sur papier 60,000 hommes. Les forces régulières britanniques sont trop peu nombreuses et l’on doute de la loyauté la milice du Haut-Canada.

        Durant la guerre, on retrouve trois types de miliciens: les miliciens sédentaires, les miliciens volontaires des Voltigeurs Canadiens et les miliciens des Bataillons de la Milice d’élite et incorporée (MEI).

LA MILICE SEDENTAIRE

        Tous les hommes de 16 à 50 ans font partie de la milice sédentaire ou milice locale. La loi de 1803 prévoit que les miliciens sédentaires doivent s’enrôler tous les ans au mois d’avril pour une fin de semaine afin de faire un relevé des effectifs, vérifier les armes et faire un peu de "Drill".

LES VOLTIGEURS CANADIENS

        Dès le 25 avril 1812, on commence le recrutement de volontaires pour le corps des Voltigeurs Canadiens dirigé par Charles-Michel de Salaberry, un major du 60th Regiment britannique, un natif du Québec. Ce bataillon est composé uniquement de volontaires canadiens et doit servir pour la durée de la guerre contre les Etats-Unis.

MILICE D’ELITE ET INCORPOREE

        En plus de recruter des volontaires, le gouverneur George Prevost décide d’imposer la conscription afin de lever quatre bataillons de milice d’élite et incorporée. En mai 1812, on tire au sort les noms de 2,000 miliciens célibataires de 18 à 30 ans. Chaque division de la milice sédentaire doit envoyer un nombre précis de conscrits, environ 20% des célibataires de la division de milice. Ceux-ci sont enrôlés pour une période 90 jours. Dans le cas où la guerre avec les Etats-Unis se poursuive, ils peuvent rester sous les drapeaux pendant deux ans. C’est principalement la conscription des miliciens canadiens-français qui va obliger la tenue de cours martiales.

        Malgré la meilleure planification possible l’opération "conscription" connait certains problèmes. Dans la région de Boucherville, on conscrit 138 miliciens qui doivent joindre leur bataillon à Montréal. Seulement 20 miliciens arriveront au camp. Les autres se sont "perdus" en forêt.

        Plusieurs miliciens refusent de s’enrôler et deviennent des réfractaires. Sur un objectif de 2,000 hommes, le gouvernement ne réussit qu’en conscrire 1,200. Les miliciens qui se plient à l’obligation militaire ne sont pas très bien accueillis. Le 1er Bataillon MEI, stationné près de Neuville, ne compte qu’une grange et un champ pour loger 600 hommes. Le cuisinier du bataillon n’a pas de four pour faire cuire le pain. Les hommes reçoivent de la farine crue comme ration. Dans de telles conditions, il n’est pas surprenant que des jeunes hommes qui n’ont jamais quitté la maison paternelle soient découragés devant de telles conditions et quittent le camp illégalement.

        Durant la guerre, le problème de discipline le plus courant chez les miliciens sera celui de la désertion. Le tableau suivant illustre bien l’ampleur de ce phénomène. Sur un total d’environ 10,000 conscrits et volontaires, on retrouve plus de 1,600 déserteurs.

DÉSERTION PAR BATAILLON

avril 1812 à février 1815.

Voltigeurs Canadiens 299

1er Bataillon MEI 245

2eme Bataillon MEI 296

3eme Bataillon MEI 506

4eme Bataillon MEI 67

5eme Bataillon MEI 207

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Total 1620

Pour enrayer ce fléau, les autorités militaires auront recours à la cour martiale.

UNE INSTITUTION IMPORTANTE

        Dans l’armée britannique, la cour martiale sert à imposer une discipline de fer parmi les hommes. En temps de guerre, elle sévit contre la désertion à l’ennemi, la trahison, la mutinerie et les autres crimes sérieux. Pour le soldat régulier britannique, la justice militaire peut être sévère. Il peut recevoir 100 coups de fouet pour une absence non-justifiée et peut être exécuté pour une désertion à l’ennemi.

        Dans les années précédant la guerre, les cours martiales sont rarement utilisées dans la milice. Pour ramener une nouvelle discipline, les cours martiales de milice instaureront des peines qui vont concorder avec la gravité des fautes commises.

        Le 22 août 1812, 31 miliciens comparaissent devant une cour martiale. 24 d’entre eux sont accusés de désertion. Un seul sera déclaré non-coupable. François Piché du 3ème Bataillon MEI, devra passer dans les rangs de son bataillon avec les mains liées. Il fera un mois de travail dur à la Maison de Correction. Il devra terminer le temps de sa conscription et six mois supplémentaires.

        Les autres miliciens recevront des peines de prison, au pain sec et à l’eau, correspondant au nombre de jours où ils auront été absents de leur bataillon. Les condamnés de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu étaient mis dans la cale du brig ancré près du fort.

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Voltigeurs canadien, 1813, l'emprisonnement  Eugene Leliepvre
( Parcs Canada)

        Au mois de septembre 1812, Bélony Bérubé, qui avait incité les miliciens à la mutinerie et avait déserté, fut dégradé publiquement et envoyé trois mois à la prison au pain sec et à l’eau. En février 1813, trois miliciens du 3e Bataillon MEI sont conduits les fers aux pieds devant leur bataillon. Ils doivent demander pardon à genou pour avoir incité une mutinerie. Ils purgeront par la suite trois mois en prison.

        Le 8 juin 1813, trois miliciens, John Oliver Man, Pierre et Charles Maguet dit Lajoie sont condamnés à être fusillés pour avoir tenté de déserter à l’ennemi. Après avoir passé 6 mois dans un cachot humide et avoir été contracté une pneumonie, les trois miliciens seront graciés. Il semble qu’il n’y a eu aucun milicien canadien qui fut passé par les armes suite au jugement d’une cour martiale. Le seul fait de passer par les armes un milicien canadien-français aurait pu amener du désordre parmi des troupes déjà peu enclin au service militaire.

TABLEAU DES COURS MARTIALES DE MILICIENS

Raison Nombre Condamnés Acquittés nsp

Absence illégale 34 33 1 -

Désertion simple 17 16 1 -

Conduite irrégu. 16 13 0 3

Sédition 9 8 1 -

Désertion 5 5 0 -

Désobéissance 5 5 0 -

Autres 18 17 1 -

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Total 104 97 4 3

        Nous avons pu relever un total de 104 cas de cours martiales concernant les miliciens durant la guerre de 1812. Il nous apparait que les autorités gouvernementales ont voulu utiliser les cours martiales pour faire des exemples. Les peines imposées peuvent sembler faibles en rapport avec celles de l’armée britannique. Il faut cependant se rappeler que le gouvernement voulait éviter de se mettre à dos l’ensemble de la population francophone du Bas-Canada

        Les cours martiales impliquant des officiers sont d’une toute autre nature. Durant la guerre, plus de 2,500 officiers ont tenu une commission. Les officiers provenaient en grande partie de la couche aisée de la population. Tout individu qui voulait faire sa marque dans le monde se devait d’obtenir une commission. Les problèmes des officiers se situaient plus au niveau du patronage, de l’insubordination, des conflits d’intérêts et de mauvais jugements.

        Le juillet 1813, le capitaine Joseph-Marie Lepage, Divison de Saint-François, Ile d’Orléans, est jugé pour avoir laissé trois déserteurs se présenter à la grand-messe et de ne pas les avoir arrêtés. Il perd sa commission. Le capitaine Jean-Baptiste Savaria, Division de Verchères, avait omis d’enrôler ses fils lors de la conscription. Il commanda à leur place le fils d’un homme très malade. Savaria perd également sa commission.

        Le 9 décembre 1812, le lieutenant Augustin Cuvellier, 5e Bataillon MEI, est jugé pour insubordination envers son officier supérieur, le colonel Patrick Murray. Cuvellier refusait de se présenter le matin devant son officier. Il trouvait ce geste abaissant. Il est condamné à être réprimandé par le Colonel Murray en présence des officiers du bataillon.

        Le 24 juillet 1814, le major-en-second Joseph François A. Perreault accuse de fraude le capitaine Louis Boucher. Il prétend que Boucher a outrechargé le prix des gilets vendus aux miliciens du bataillon. La cour martiale exonore Boucher de tout blâme et fustige Perreault pour la légèreté avec laquelle il avait accusé son subalterne. Nous avons retrouvé deux autres cas où des cas de fraude se sont avérés sans fondement.

        En mai 1814, le lieutenant Pierre Lévesque et l’enseigne John Wallace, tous deux du 2e Bataillon MEI, sont accusés de "conduite dégradante et indigne du caractère d’un officier et d’un gentilhomme". Etant en état d’ébriété, ils veulent se joindre à un bal où on leur refuse l’accès. Ils tentent de se battre avec des simples miliciens puis ordonnent à la garde de charger à la baïonnette dans la salle de bal. Ces deux officiers perdent leur commission.

TABLEAU DES COURS MARTIALES DES OFFICIERS

RAISON Nombre Condamnés Acquittés

Patronage 5 4 1

Insurbodination 4 2 2

Fraude 3 0 3

Mauvais Jugement 3 3 0

Mauvaise Conduite 3 3 0

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Total 18 12 6

En tout, nous avons trouvé 18 cas de cours martiales impliquant des officiers. Deux points ressortent quand on compare les cours martiales des officiers et celles des sous officiers. D’une part, les raisons de la tenue de ces cours diffèrent et, d’autre part, le taux d’acquittement. Alors que plus de 90% des miliciens sont reconnus coupables quand ils passent en cour martiale, seulement 66% des officiers subissent le même sort.

Copyright: Luc Lepine, 1999


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